mercredi 14 janvier 2026

Karma & Unique Nick

Carter Hart, et quelques uns de ses coéquipiers de l'équipe du World Junior du Canada de 2018 ont réussi à être soulagé des accusations de la jeune femme qu'ils auraient potentiellement violé collectivement. David ne peut pas toujours gagner contre Goliath. 

Mais même innocentés, autour d' Alex Formenton, Dillon Dubé, Micheal McLeod, Cal Foote et Carter Hart, il y a un malaise dans les clubs qui les acceptent dans leurs rangs. Un doute. McLeod a signé dans la KHL, Formenton, Dubé, Foote appartiennent toujours respectivement aux Sénateurs, Flames et Devils et sont en négociations pour resigner avec eux, sans avoir le gros bout du bâton, on l'imagine bien. Rien ne se passe avec urgence en ce moment pour eux.

Le gardien Carter Hart est le seul à avoir eu un appel de la LNH réel. Les Flyers l'ont libéré et les Golden Knights de Vegas lui ont offert deux ans et 4 millions. Il a gardé 12 matchs jusqu'à maintenant avec eux.

Jamais on ne souhaite de blessures à des adversaires. C'est extrêmement malsain. 

Le viol aussi. 

Le 8 janvier dernier, dans un match contre les Bluejackets de Columbus, le capitaine des Bluejackets Boone Jenner, est entré en contact avec Carter Hart. Ce dernier s'est blessé au genou assez gravement au point d'être escorté par deux coéquipiers hors de la glace jusqu'au vestiaire. 

Le gardien de but est le saint-graal au hockey. Le lanceur au baseball qu'on abrille d'un manteau pour protéger son bras magique. L'artiste. Le quart-arrière au football auquel il ne faut jamais se rendre si on est l'adversaire. En somme l'intouchable.  Que ce soit volontaire ou non qu'on lui ai touché, vous devriez avoir du gant dans le visage au minimum pour vous moucher. Un coup de poing sur la gueule, au pire. 

Mais pour Carter Hart, personne des Golden Knights n'a inquiété Jenner. Personne ne s'est même agité. Ni sur le jeu, ni après. Personne n'a tapé sur l'épaule de Hart à son retour au banc ou n'a pas tapé sur ses jambières. On a fait le strict minimum pour lui. 

Comme la justice semble l'avoir fait pour la jeune femme impliquée dans la sale affaire, en cour.

Pourquoi j'ai eu le mot karma qui m'est né en tête ?

Dans le plus heureux, Nick Suzuki est devenu seulement le 6e joueur de la LNH à jouer les 500 premiers matchs de sa carrière, consécutivement sans en manquer un seul. Ira-t-il aux Olympiques pour finalement s'y blesser ? Si tel est le cas, mon mépris naturel pour cette participation de millionnnaires parmi les moins riches ne sera que plus profond. Mais bravo Nick, ça confirme ta pleine forme physique. 

Au moment d'écrire ceci, il est à 502 matchs de suite depuis 2019. Qui sont les 5 autres ?

Murray Murdoch (entre 1926 et 1937)

L'ailier gauche était non seulement de la toute première édition des Rangers de New York dans la LNH, mais il est l'un des 3 uniques joueurs, parmi ceux que je vous présente, à avoir joué toute sa carrière, ses 11 saisons dans la LNH, sans avoir manqué un seul match. En 508 matchs, il a gardé la modeste fiche de 84 buts et 104 mentions d'aide pour 188 points, mais a gagné deux Coupes Stanley avec eux. La première en 1928. Il a totalisé 7 pts en 8 matchs, en faisant le 3e meilleur marqueur de son club, lors de la seconde conquête en 1933. Chanceux, une seule fois son club n'a pas fait les séries. Suzu pourrait le battre avant la pause des Olympiques du 5 février prochain.

Billy Harris (entre 1972 et 1979)

Sa dernière saison dans la l'Ontario Hockey Association, dans les rangs juniors, en 1972, promettait beaucoup de choses pour la LNH. 57 buts, 129 pts. Les Islanders, qui en seraient à leur toute première saison dans la LNH, en ferait aussi leur tout premier choix au repêchage, le choix #1 du repêchage de 1972. Bill Barber, Steve Shutt, Peter McNab, Don Lever, Al MacAdam et Bob MacMillan auraient tous une meilleure carrière que lui, même si ils seraient repêchés après. Il est généralement classé parmi les choix#1 décevants des repêchages passés. Mais il marque entre 15 et 32 buts et obtient toujours 50 pts ou plus pendant ses 6 premières saisons, qui sont aussi les 6 premières des Islanders. Nouveau club qui progresse vite. 4 fois, NY atteint la demi-finale avec lui dans les rangs. Il ne rate aucun match avant le début de sa 7e saison. Il est alors échangé après 67 matchs en 1980 aux Kings avec Dave Lewis en retour de Butch Goring, un échange qui fera gagner la Coupe aux Islanders, aussitôt au même printemps. Goring gagne même le Conn Smythe en 1981, dans leur seconde conquête de 4 de suite. Ce qui fait mal paraître l'échange. Mais Harris, comme Islanders, a joué l'entièreté de leurs 576 premiers matchs. Qui étaient aussi les 576 premiers des "habitants de l'ile" consécutivement dans le grand circuit.    

Andy Hebenton (entre 1955 et 1964)

Andy est un autre joueur qui a joué l'entièreté de sa carrière dans la LNH, sans manquer un seul match. 9 saisons de 70 matchs, 8 avec les Rangers et la dernière comme Bruins. L'ailier droit connait 5 saisons de 20 buts ou plus, donc une de 33, avant que Boston ne vendent ses droits à la Western Hockey League pour laquelle il jouera 10 ans, gagnant quand même la Coupe 3 fois dans cette Ligue. Mais il aura joué ses 630 matchs consécutivement avant que la LNH ne le fasse passer à une autre Ligue. 

Andrew Cogliano (entre 2007 et 2018)

Quand on est échangé, il est encore plus prestigieux de réussir un tel exploit de ne jamais manquer de matchs.  Le simple voyagement pourrait vous soustraire au calendrier. Cogliano, sur la période mentionnée plus haut, est passé des Oilers aux Ducks en 2011. Il avait connu un solide camp d'entrainement à 20 ans, à Edmonton et avait alors joint les rangs d'un club dont il ne raterait aucun match entre 2007 et 2011. 4 saisons de 82 matchs. Sa première en tant que Duck lui fera aussi jouer les 82 matchs. Il joue les 48 de la saison écourtée de 2012-2013, puis joue encore 4 saisons complètes de 82 matchs à Anaheim. Il fera son 300e point et sa 100e passe lors de son 400e match comme Duck. C'est un geste posé contre Adrian Kempe des Kings qui le suspend 2 matchs, et suspend du même coup sa série de 830 matchs consécutifs. Ils se sabote lui-même. Remarquable quand même. 

Doug Jarvis (entre 1975 et 1987)

Son exploit est extraordinaire car non seulement il jouera pour 3 clubs sur cette période, mais ce joueur de centre était rarement des lignes 1 ou 2. Il jouera sa carrière entière " de suite". C'était un expert du jeu défensif, gagnant le Selke en 1984 et le Masterton en 1987. Il ne fera jamais plus que 48 points ce qui aurait donc été facile de vouloir le remplacer. Mon son talent n'était pas chiffrable. Il tuait les pénalités avec brio, et couvraient les meilleurs joueurs adverses afin de les ralentir et rendre offensivement inutiles. Et il le faisait bien, voilà pourquoi Montréal, avec lesquels il commence sa carrière et gagne 4 Coupes Stanley de suite, Washington et Hartford le trouvaient si utile. À l'automne 1987, il joue les deux premiers matchs à Hartford, à 32 ans, et on lui annonce qu'on voudrait l'envoyer dans les mineures pour faire de la place à Brent Petterson. Il préfère alors prendre sa retraite.

Après 964 matchs de suite. Une carrière entière sans rater un seul match. 12 ans. 

Ce sera dur à battre.

Deux hommes de fer ont battu Jarvis depuis, Keith Yandle en 2022, et Phil Kessell, la même année. Mais ces deux là, ce n'était pas depuis le début de leur carrière. Kessell est celui qui détient le plus de matchs consécutifs, entre le 3 novembre 2009 et le 13 avril 2023, jouant 1064 matchs consécutifs, et au sein de 5 clubs différents. Il se retire en 2023 avec une 3e signature de son nom sur la Coupe Stanley, avec Vegas, après les 2 gagnées avec Pittsburgh. 

Fumeux Carter Hart.

Fameux hommes de fer. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les arbitres seront en contact avec Toronto afin de consulter la reprise vidéo en ce qui concerne votre commentaire. Vous serez publié bientôt n'ayez crainte (à moins d'être parfaitement incohérent).