mercredi 8 avril 2026

Mal Aimer Son Équipe de Hockey

J'essaie, ici, depuis toujours, de vous parler de hockey de la LNH, et non trop spécifiquement de mon club préféré, le local Canadiens de Montréal. 

Il n'a pas toujours été mon club préféré. Il a même été mon ennemi juré. J'étais Nordiques de 1980 à 1995. Même de 1972 à leur fin, car je suis né en 1972. Mais à 8 ans. je commençais à adorer le hockey, deux ans plus tard, je gagnais un championnat des compteurs dans une ligue organisée, je rêverai de jouer dans la LNH, et je me rendrai jusqu'aux camps d'entrainements des Cataractes de Shawinigan où les blessures m'ont fait changer de trajectoire. Mais mon ailier gauche, Pee-Wee, qui n'aurait jamais dû joue avec moi car il était deux ans plus jeune que moi, mais avait été surclassé, Patrick Poulin, allait se rendre à la LNH, et même jouer un temps, pour les Canadiens de Montréal. 

Quand les Nordiques étaient dans la LNH, Montréal était le naturel ennemi comme Boston ou Toronto, l'est actuellement, pour les Canadiens. C'était émotif et la seule ville de Québec était scindée en deux quand ils s'affrontaient. Notre passage à l'école secondaire a été intense en rivalité Canadiens/Nordiques on était au coeur des meilleurs moments. On s'amusait beaucoup. On se torturait aussi. Quand les Nordiques sont partis, jamais je n'ai été en mesure de devenir systématiquement fan du Canadien, il a fallu que le dernier joueur ayant joué CONTRE les Nordiques, prenne sa retraite  ou ne joue plus pour Montréal (Patrice Brisebois) pour que je commence enfin à prendre parti pour Montréal. Notre fils, qui commençait à suivre la LNH lui aussi presqu'au même moment, et s'y intéresser beaucoup, m'a ramené à un intérêt quelques 7-8 ans après la sortie des Nordiques de la LNH. 

Je suis, je l'admets, grand fan des Canadiens depuis. Et ce serait facile de ne vous parler que d'eux, mais je suis aussi intéressé par la LNH, et les autres. Par le sport lui-même. Et aujourd'hui, je vais vous parler des Canadiens, mais surtout des gens de la foule. 

Il est connu que les prix des billets pour assister à un match sont devenus astronomiques. Inabordables. Il est donc naturel de regarder à 1h33 de Montréal, à Ottawa, pour penser acheter des billets, toujours plus disponibles qu'à Montréal, et TOUJOURS, beaucoup moins chers. Pour les matchs entre Montréal et Ottawa, entre autres matchs. Leur aréna est l'un des pires de la LNH, sinon le pire, en ce qui concerne l'accès, les taxis refusant de s'y rendre parce que ce sont des voyages pas assez payants, et l'aréna étant égaré à l'arrière d'autoroutes compliquées, une location vraiment mal foutue. J'ai des amis qui ont dû se quêter un "lift" à un inconnu pour sortir du coin, après un spectacle des Tragically Hip, jadis, naguère.  

Reste que pour les affamés fans des Canadiens, couper sa soirée de quelques centaines de piasses pour aller voir les Canadiens et les aimer des estrades des Sénateurs, est devenu plus que récurrent, Les fans des Canadiens sont devenus si nombreux qu'il est désormais extraordinairement désagréable pour les joueurs du club local que d'entendre les chants "Olé, olé, olé" généralement attribués aux fans des Habs, de les entendre célébrer massivement sur leurs buts contre Ottawa, ou pire les entendre huer les arbitres quand ils n'appellent pas une pénalité contre Montréal. Un ami, dont la fille habite Ottawa, s'y est rendu trois fois cette année, à peu de frais, visitant sa fille dans le processus et les trois fois, il me textait que la foule était 80% colorée du CH.  Confirmé par la télé qui nous montre un fan esseulé debout qui applaudit, quand Ottawa fait un but, comme on le fait pour les fans des clubs ÉTRANGERS, au Centre Bell. On trouve le fan perdu pour la caméra. MAIS C'EST OTTAWA QUI EST À DOMICILE !

Les pauvres joueurs des Sens ont sont très offusqués et avec raison. Où sont leurs fans ? Ils ne sentent pas chez eux. Pas appuyés non plus. Leur stupide capitaine a même menacé de quitter le pays si il sentait qu'il n'était pas aimé "chez lui". Il est Étasuno-Trumpiste, ce n'est donc qu'une question de temps avant qu'il ne soit auto expulsé par un recrutement obligatoire parce que son dangereux président a lancé la 3e Guerre Mondiale, ou encore qu'il ne boude attendant de jouer au pays des imbéciles élus. 

Au Centre Bell, il y avait cet abonné de billets de saison qui était toujours derrière un des deux buts. Il portait un manteau fluorescent jaune. Pour que ses deux filles le voient de la maison et s'en amusent. Il est décédé l'an dernier. Mais leurs deux filles, pour lui rendre hommage, ont renouvelé les billets de saisons et se sont fait faire deux autres manteaux à leurs tailles, fluos jaunes. Elles y sont depuis le début de la saison. 

L'histoire a voyagé. Quelques-un(e) se sont aussi fait faire des manteaux pareils. Ailleurs dans les estrades. Lors du dernier match des Canadiens, À OTTAWA, il devait y avoir 5 partisans, sinon plus, qui portaient aussi ce manteau jaune fluo, ajoutant du poids à la dichotomie visuelle. Nos cerveaux sont confus de voir un match où on applaudit à un avantage numérique des Canadiens, et où on hurle de rage à une punition non appelée contre Montréal, si il faut en plus que visuellement, on nous place des repères de Montréal supplémentaires...

Et bien c'est en ce moment le cas. Ottawa a encore de petites chances de faire les séries. Et si Montréal terminait premier, ce serait laid de les voir commencer les uns contre les autres. Il y aurait deux types de séries. La guerre sur la glace et celle dans la foule. Les Sénateurs sont très mal aimés par leurs fans. 

Mais les fans de Montréal aiment mal aussi. 

Cole Caufield, au moment d'écrire ceci, a 49 buts. Il affronte des Panthers ce soir qui joueront sans Barkov, Tkachuk, Marchand, Reinhart, Lundell, Ekblad, Mikkola et Rodrigues. Contre l'AHL. La pression sera forte sur l'envie de voir Caufield marquer 50 buts pour la première fois depuis 36 ans. Lors du match de dimanche dernier, les fans des Canadiens ont très mal aimé Caufield. Dès qu'il touchait la rondelle, on s'emballait et PIRE on lui hurlait de tirer au but. Même si il était au centre de la glace. Si il ne touchait pas à la rondelle, et n'était que sur la glace, on scandait "Caufield ! Caufield!" comme si il était seul de son camp. Ça l'a rendu très inconfortable il a raté ses lancers, et a même crié "SHUT UP!" en rentrant au banc, visiblement agressé par le contraire du concept d'équipe, ce que les fans de Montréal devraient comprendre. Ils sont plus intelligents que ça. 

C'était décevant. Pas de la part de Caufield, de la part de la foule. Laissez-le tranquille. Il le fera ou pas ce 50e but, mais ne placez pas davantage l'éclairage sur le #13. Les autres clubs savent qu'on va lui refiler la rondelle pour qu'il y arrive. Après tout, c'est vraiment lui qui en aura marqué 50 cette année, car si il y arrive, il l'aura fait 50 fois contre un gardien. Nathan MacKinnon, seul joueur de la LNH qui le devance au chapitre des buts, a marqué 6 de ses 52 buts, dans des filets déserts. Ça ne fait donc que 46 buts contre des gardiens à battre. On sait déjà que CC est plus honorable que lui à ce chapitre. Si il n'y arrive pas, rien de grave non plus. L'important en ce moment, est de n'avoir aucun blessé en prévision des séries qu'on est certains de faire. 

De plus, pour ma fête, l'amoureuse et nos enfants m'ont fait, (se sont faits aussi) le cadeau de m'offrir des billets pour le match de jeudi contre Tampa Bay. 

On l'a commandé pour ce soir là, son 50e. 

Pour le 5 minutes d'ovation debout qu'on fera alors. 

D'ici là, on va le huer pour avoir demandé à la foule de fermer sa gueule.

(...) 

Mais non, on ne le huera pas, enfin j'espère, sinon on est des vrais cons. Mais si on est capable de huer Brisebois parce qu'on trouve qu'il ne se reproche pas assez à lui-même en entrevue et parle comme si il était efficace sur la glace, ce que personne ne voyait plus,  c'est qu'on a une finesse du regard qui ne se trouve pas partout dans la LNH. PEUT-ÊTRE que ce soir (hier), contre les Panthers, il sera hué chaque fois qu'il touche la rondelle pour avoir demandé de la fermer à ceux qui se ruinent pour les applaudir. 

Mais cessons de scander "Caufield Caufield", ça n'aide personne. Ne soyons pas Homer Simpson. Soyons plus intelligents. 

Aimons bien, nos Canadiens. 

Même si il est, Étatsunien.   

Soyons l'adulte dans la salle.

Même si le cerveau d'une foule est souvent décrite comme ayant la maturité de celui d'un enfant. 

Oh! et limoger Patrick Roy avec si peu de matchs à jouer, le payer encore 2 ans, fallait à la fois en avoir plein de le cul de sa personnalité de marde, et à la fois être atteint de panique. 

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