Il est peu commun de renvoyer son entraineur ou son DG avec quelques matchs à jouer à la saison en cour. Pour un club éliminé, pas tellement. On a déjà hâte à l'an prochain, pourquoi ne pas essayer un interim tout de suite qui pourrait placer les semences des pouces de demain ? Ce qui est plus rare encore, c'est quand le club est déjà qualifié pour les prochaines séries. Et qu'on vire celui qui vous a aidé à vous y rendre.
Plus souvent qu'autrement, c'est autour de fin novembre, décembre ou janvier qu'on change de guide. Ou encore on attend la fin ou l'entre saison. Du mouvement de fin de saison, pour les gagnants, c'est cacher Patrick Laine et ses 8 millions sur la liste des blessés à long terme, même si il est "malade imaginaire" depuis près d'un mois. Mais si Montréal fait les séries, ce qu'ils sont très près de se garantir, vous pouvez parier qu'il sera au minimum des jeux de puissance en séries éliminatoires. Peut-être même juste là. Chez les perdants, quand on bouge comme ça, c'est parce que l'équipe s'effondre. Et qu'on veut créé un choc qui secouera le temple. Ici, le temple des Chevalier Dorés. Rares sont les succès qui suivent le genre de geste posé par l'état major des Golden Knights. Les Kings de 2012 avaient virés Terry Murray dès décembre pour le remplacer par Darryl Sutter. L.A. allait remporter ensuite, le jour des 42 ans de mon amoureuse, gagner la première Coupe Stanley de l'histoire de la concession, contre les Devils du New Jersey, en 6 matchs. Et ce, après avoir aussi battu les 3 première positions de la Conférence de l'Ouest, Vancouver, St-Louis et Phoenix. Ils n'avaient rien volé. Le remplacement était un succès, mais dès Noël. En 2009, les Flyers de Philadelphie limoge John Stevens pour le remplacer par Peter Laviolette. Ce dernier était derrière le banc des Hurricanes quand ils ont gagné leur unique Coupe Stanley, en 2006. Il atteint, dès 2010, la finale avec les improbables Flyers, dans une cause perdante, contre les Black Hawks de Chicago. Laviolette a le talent d'être un des seuls 4 entraineurs à avoir amené en finale leur club, derrière le banc de trois équipes différentes (ou plus). Il est entraineur de Nashville quand Pittsburgh les bat en finale, en 2017. Scotty Bowman avec St-Louis, Montréal, Buffalo et Detroit, Dick Irvin avec Toronto, Montréal et Chicago et Mike Keenan avec Philadelphie, Chicago, les Rangers et la Floride sont les trois autres. Mike Keenan est d'ailleurs l'un des derniers modèles d'entraineurs "fouetteurs" comme John Tortorella. Je ne dis pas qu'il faille ne jamais se choquer contre les joueurs, mais Babcock, Keenan, Quinn, Tortorella, sont/étaient de l'école des :"JE VAIS VOUS PARLER FORT PARCE QUE JE GAGNE COMME ÇA!".
Et il aura quand même un peu raison. Entre 2015 et 2021, il a fait des Bluejackets de Columbus un club compétitif et est même devenu l'entraineur là-bas, combinant le plus de victoires de la jeune concession. Il a gagné le Jack Adams remis au meilleur entraineur en 2017, faisant gagner 50 matchs sur 82 aux Bluejackets, et était derrière le banc quand Columbus a balayé le Lightning de Tampa Bay. en séries, alors que ceux-ci n'avaient pas enlignés 3 défaites de suite dans une saison exceptionnelle où ils avaient terminés premiers au classement général. Causant, bien entendu, la surprise. Depuis 2022, il a fait partie de la reconstruction des Flyers de Philadelphie derrière le banc, jusqu'à l'année passée. En 2000, Lou Lamoriello avait réuni ses leaders en mars afin de leur demander si Robbie Ftorek était l'homme pour les amener à la Coupe. Scott Stevens, Martin Brodeur, Ken Daneyko, Patrick Elias, Scott Gomez, Claude Lemieux, Bobby Holik, Scott Niedermayer, et la réponse unanime avait été un mou "pas tellement". Lou avait alors choisi de remplacer Ftorek qui avait quand même fait obtenir au club une fiche de 41-25-8. On l'avait alors remplacé par l'assistant entraineur, qui n'a jamais voulu être autre chose qu'entraineur des défenseurs, ou assistant, Larry Robinson. Qui avait ensuite mené le club à sa seconde conquête de son histoire, face aux Stars de Dallas. Robinson est derrière le banc dans les trois rôles, pour leurs trois Coupes, redevenant assistant dès la saison suivante, et signant son nom sur leurs conquêtes de 1995 et 2003.On connait aussi l'histoire des Blues de 2019. Qui avait placé par interim l'assistant entraineur Craig Berube dès novembre, au poste d'entraineur-chef. St-Louis avait terminé 32e sur 32 le 31 décembre suivant. Mais gagnerait l'unique Coupe de l'histoire de la concession, en juin suivant.
Ça, se sont les quelques succès. Mais en général, l'impact est minimal. Le choc souhaité est un cri désespéré dans un couloir peut-être vide. Et avec un court écho. On a un regain momentané, mais une sortie rapide des séries est souvent ce qui suit. Les Panthers limogent Gerard Gallant en Novembre 2016, après seulement 22 matchs, mais Tom Rowe, ne fera pas mieux que .500 derrière le banc. Les Islanders les éliminent en première ronde.
Du succès passé la date limite des échanges avec de tels changements ? Inexistants. Le système collectif est installé chez les gagnants. Faire un changement comme Vegas l'a fait relève, selon moi, davantage du pari.
So Vegas.
Ce qui fonctionne souvent, c'est la résurgence d'un gardien dans le dernier droit. Cam ward en 2006, Jonathan Quick en 2012, Marc-André Fleury avec Pittsburgh, Braden Holtby à Washington, Andrei Vassilevskiy à Tampa, Carey Price face à Vassilevskiy, Sergei Bobrovski en Floride.
C'est justement le problème le plus important des Golden Knights. Akira Schmid est l'un des 4 gardiens utilisés cette saison, et celui qui a le plus joué, 34 fois. Adin Hill le suit avec 26 matchs. Il a son nom sur la Coupe déjà, lui. Carter Hart a gardé 12 matchs et Carl Lindbom, 6. Pas beaucoup de stabilité et la meilleure moyenne de buts par match des 4: 2.59 buts par matchs. Schmid.
Je ne me rappelle plus qui a été élu Première étoile de la LNH, la semaine dernière...il me semble que c'était un gardien qui va très très bien...
...Toujours un bon signe dans le dernier droit de la saison. Mais c'était pas Schmid, ici à gauche.
Changer d'entraineur ? un peu le contraire. Mais Tortorella a gagné son premier match, contre Vancouver.
Les Leafs ont à leur tour mis fin au contrat de leur DG Brad Treliving, dont l'image ne s'est jamais détachée de ce terrible échange de Mitch Marner, le meilleur marqueur du club l'an dernier, échangé contre pas d'équivalent à court terme. L'embauche de Brandon Carlo est aussi un échec. La saison des Leafs, premiers de la division Atlantique l'an dernier, avant-dernier au moment d'écrire ceci, est aussi, un lourd échec.Mais ils y sont abonnés depuis des années. Changer de directeur gérant, quand le club est assuré éliminé, c'est plus fréquent. On veut un gars rompu aux habitudes et visées du club pour les choix du repêchage de l'été et le marché des joueurs autonomes de juillet.7 1/2 clubs sont assurés d'être en séries: Colorado, Dallas, Minnesota, Tampa Bay, Caroline, Anaheim et Buffalo, ainsi que Montréal, à 99% de les faire.
Ça laisse de la place pour 8 autres clubs parmi Edmonton, Vegas, Utah, Pittsburgh, et Boston, assurés de les faire à plus de 90%, et Seattle, San Jose, Los Angeles, Columbus, les Islanders, les Sénateurs ou les Wings, tous moins certains, mais 3 de ceux-ci, y seront, ça c'est certain.
Panique à Vegas selon moi. Mais en séries, comme toujours, on verra...